Revue d'assemblée Nationale : Rio Tinto Alcan - Juillet 2012
Par Alexandre Modesto le lundi 23 juillet 2012, 23:26 - Lien permanent
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Mme Béatrice Santais. Je souhaiterais vous alerter, monsieur le ministre, sur l’urgence de la situation de Rio Tinto. Vous connaissez bien le dossier, et je vous remercie d’être venu en Maurienne il y a quelques semaines. Un projet de loi est en cours d’élaboration dont l’objectif est de lutter contre les délocalisations décidées par des actionnaires qui estiment que le profit réalisé en France est insuffisant. Dans le cas des dirigeants de Rio Tinto, l’adoption de la loi devrait être postérieure à leur décision définitive. Au-delà de l’urgence sociale pour les 600 salariés concernés, se pose la question du coût énergétique de la production de ces industries électro-intensives ainsi que celle, stratégique, de l’avenir de la filière de l’aluminium dans notre pays : après Saint-Jean-de-Maurienne, y aura-t-il une fermeture de site à Dunkerque ?
M. le ministre.
Le groupe Rio Tinto Alcan a pu mener, grâce à une décision de la Commission européenne, une OPA hostile sur le groupe Péchiney il y a quelques années. Des regrets peuvent être exprimés sur la réalisation de ce rachat, la Commission européenne ayant refusé, dans un premier temps, que Péchiney puisse acquérir Alcan. Notre but est le maintien de cette activité industrielle rentable. La France importe la moitié de l’aluminium dont elle a besoin, situation inacceptable dans le pays qui a, le premier, en 1906, développé l’utilisation industrielle de l’aluminium. Si, dans le dialogue qui va s’ouvrir avec Rio Tinto, il apparaissait que ce groupe souhaitait ne plus posséder cette usine, nous tâcherions de trouver une solution alternative afin que le site puisse continuer de fonctionner. L’inquiétude que vous nourrissez, madame Santais, pour l’avenir de la filière aluminium et le maintien de la production sur le site de Dunkerque est légitime quand on constate le démantèlement des implantations du groupe Péchiney sur le territoire national : elles appartiennent souvent à des fonds d’investissement étrangers dont les préoccupations divergent, pour le moins, des nôtres. À nous d’imaginer la constitution d’un groupe d’aluminium français, voire européen.

